En ouverture de ce dossier je faisais l’hypothèse suivante : parce que la maîtrise du langage et de la langue française est une condition à l’exercice de sa citoyenneté ; parce que l’exercice de la citoyenneté, impliquant des relations interpersonnelles, représente un espace d’exercice langagier ; alors, l’éducation civique et la maîtrise du langage et de la langue française nous offrent un accès à la transversalité, comme point d’appui pédagogique. Cette hypothèse devait me permettre de m’engager dans le traitement de ma problématique : dans quelle mesure la conjugaison de l’éducation civique et de la maîtrise du langage et de la langue française est facteur d’apprentissages scolaires ?
Au moment de conclure, l’honnêteté m’oblige à poser que ce travail est à peine esquissé, mais suffisamment toutefois pour en permettre la poursuite et pour apporter les éléments qui pourraient constituer une première réponse à cette problématique. Je ne retire pas ces éléments des réussites de mon travail auprès des élèves, mais à la fois des réussites et des limites pointées dans le cours de ce dossier.
La conjugaison de l’éducation civique et de la maîtrise du langage et de la langue française peut être facteur d’apprentissages scolaires :
- Si nous sommes capables de prendre acte de la capacité de chaque élève à produire une parole singulière, expression de son degré implication à la communauté des citoyens comme socle d’une construction à entreprendre ;
- Si nous sommes capables de préparer en amont l’accueil de cette parole en lui offrant des cadres structurant dans lesquels elle pourra se développer, s’enrichir de façon cohérente et pertinente, durablement ;
- Si nous sommes capables d’accompagner chaque élève dans l’appropriation des outils techniques qui vont lui permettre d’opérer le passage d’un propos personnel à la production d’une communication la plus ouverte possible ;
- Si nous ne condensons pas nos actions pédagogiques alternativement sur un axe puis sur l’autre, mais sommes capables de les conduire toutes deux dans un même mouvement.
- Si nous permettons à chaque élève de situer les différentes actions conduites, au cadre des apprentissages formels.
Pour poursuivre ce travail, il semble, à l’aune des éléments dont il a généré la compilation, que je doive aller plus avant dans la précision de ma problématique : alors que j’ai pu pointer les ressorts de la conjugaison de l’éducation civique et de la maîtrise du langage et de la langue française quant aux apprentissages scolaires, essentiellement sur les différents types de savoirs qui peuvent être activés, il me faut maintenant mettre un point focal sur un autre axe : celui des outils qui permettraient de mesurer précisément les gains de cette conjugaison, du point de vue des acquisitions scolaires dans les deux domaines.
Je ne pose pas ici la question de la possibilité de la mise en œuvre de ces outils, comme une question nouvelle, ouvrant un champs possible de recherche, mais comme un élément faible de mes compétences d’enseignant, renseignant les étapes impératives à la poursuite de ma formation professionnelle. Afin d’entreprendre ce travail, il va me falloir désaxer ma problématique :
- Dans quelle mesure la conjugaison de l’éducation civique et de la maîtrise du langage et de langue française est-elle mesurable du point de vue des apprentissages scolaires ?
Cette nouvelle orientation de travail m’offre de considérer, comme base de travail, les éléments ressortant du présent mémoire.
J’indiquais dans l’ouverture de mon mémoire, autour du traitement de ses enjeux, que prendre l’angle de la responsabilité des élèves pour aborder l’éducation civique me semblait être un parti pris inconfortable. Les nombreuses situations d’échange et de lectures qui ont jalonné les temps de travail autour de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ont pu confirmer cette intuition. S’il faut poursuivre le débat sur les lectures possibles de ce texte, qui doivent nous empêcher de verser dans une approche démagogique de la place que les enfants doivent occuper dans l’ensemble social, il ne peut être question d’en écarter le traitement : notre responsabilité d’agent de l’état nous assigne, au regard des instructions officielles qui définissent nos champs d’action, à sa diffusion et au travail autour de son application ; c’est notre responsabilité de citoyen qui nous offre les moyens de nous engager pour sa remise en question.